L'histoire du Fort Boyard
L’histoire du fort, sur un site consacré à Fort Boyard, c’est un peu une étape obligatoire. C’est souvent un récit passionnant de découvrir comment a pu immerger ce vieux fort au milieu de la mer. Alors pour changer des textes interminables, Fan-Fortboyard.fr a conçu cet historique d’une façon différente. Nous allons reprendre les points forts, en partant toujours d’une date, ou d’une année ! Une façon claire et agréable de suivre l’évolution de ce qui deviendra le fort le plus célèbre de France...

Plan de la rade de Rochefort
Du "Ban Iaert" à "Boyard"
1585 : Pourtant bien connu des navigateurs, c’est seulement à partir de cette année là que le hollandais Lucas Janszoon Waghenaer, édite un manuel de navigation ou figure pour la première fois, la Longe de Boyard surnommé alors "ban iaert" (le banc) puis, plus tard "banjaert hollandis" (banc des Hollandais). Il deviendra "le boyard" au fil du temps et par déformation des cartes françaises. Ce banc est en faite un haut-fond, un véritable banc de sable entre les îles d’Aix et d’Oléron.
Une rade aux portes ouvertes
1666 : Année de la création de l’Arsenal de Rochefort. C’est alors un véritable port de guerre conçu sur les rives de la Charente, bien à l’ abri à l’intérieure des terres. Mais cela à aussi des inconvénients, en effet il n’y a pas assez d’eau pour les navires qui quitte le port directement. Ils doivent donc être amener jusqu’à l’océan à vide, ou là, ils sont chargés en matériel et en hommes. Un moment délicat et vulnérable, une défense solide s’impose.
Heureusement comme la plupart des ports de guerre, Rochefort dispose d’une rade, conçu naturellement avec les îles d’Oléron, d’Aix et la presqu’île de Fouras. C’est donc déjà une bonne protection, mais pour renforcer les "espaces ouverts" entre ces îles, plusieurs forts sont construits sur les cotes.
Malgré tout, il reste deux espaces non protégés entre Fouras et l’île d’Aix, et un autre entre les îles d’Aix et d’Oléron, la portée des canons des forts des deux îles ne se croisent pas. Il y a donc une grande zone, non protégée !
Pour les ingénieurs militaires, il est donc logique et même indispensable d’édifié un fort, sur la longe de Boyard, situé au milieu de la passe et qui permettrait de fermer cette porte grande ouverte. C’est alors que l’on fait appel à Vauban afin de réaliser les sondages nécessaires à la construction. Ce dernier déclara au Roi une phrase désormais célèbre : Sire, il serait plus facile de saisir la Lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne !
Nous saurons plus tard, que le problème était plus financier que technique...
Un nouveau fort à tout prix !
1674 : Voila moins de 10 ans que le port de Rochefort fonctionne, et le problème de la protection de la rade n’est toujours pas résolu. L’idée est lancée de placer en permanence des chaloupes canonnières, vaisseau armée, au milieu de la rade ! Mais malheureusement elle ne pourrait pas tenir le coup en cas de tempêtes. Clerville, l’ingénieur militaire décide alors de se recentrer sur le Château d’Oléron, pour en améliorer ses fortifications...
1692 : Le capitaine de vaisseau Descombes, fait remonter le projet d’un fort sur la longe de Boyard, mais malheureusement cela restera une idée.
1757 : L’île d’Aix est envahit par les Anglais, un combat de 53 minutes, ou les navires français ne pourront rien faire face aux débarquements de 6000 hommes venus pour piller et mettre a sac toute l’île. Les Anglais n’arriveront toutefois pas à débarquer sur le continent et repartiront quelques jours plus tard.
1763 : Il aura fallu attendre le drame de l’île d’Aix, pour que le projet d’un fort refasse surface. C’est l’ingénieur militaire Filley, qui présenta un projet complet avec plans et estimations pour un fort sur la longe de Boyard. Il s’agit d’un fort rectangulaire à 1 étage, il serait alors armé sur trois cotés, et disposerait d’un petit port. Hélas, le financement de cette construction n’est pas possible pour le royaume. Et pourtant, la passe entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron est toujours sans défense.
9 mai 1801 : Le projet ressort de façon concrète sous Bonaparte. Une commission est chargée d’étudier à nouveau la protection de la rade. Au terme de cet entretien, il en ressort l’idée d’un fort à deux niveaux en forme d’anneau elliptique estimé à 830 000 francs.
1802 : Après débat, Ferregeau, inspecteur des travaux maritimes, sort un dossier définitif, accepté en 1983.

Projet du Fort Boyard en 1801
Le chantier du nouveau fort démarre !
1803 : Dès lors, le projet prévoit un important enrochement, qu’il faut créer totalement sur la longue de Boyard. Cette année là, reste consacré à la préparation du futur chantier. Une véritable petite ville est créée sur l’île d’Oléron avec bâtiments, clôture, chaussées pavés. C’est aussi durant cette année que l’on définit les lieux ou l’on peut ouvrir des carrières : Aix, Fouras et Port-des-barques sont retenus. Au large, on définit la localisation exacte du fort, grâce à des sondages précis. Initialement prévu à 1 300 mètres de l’île d’Oléron soit au point le plus haut du banc de sable, il sera finalement situé 1500 mètres plus à l’est. Il est donc situé à un endroit ou les fonds sont plus profonds, mais il est dans une position plus centrale par rapport au deux îles.
1804 : Les travaux débutent véritablement ! La Marine fait appel à des travailleurs militaires pour compléter les groupes civils. Quelques mois après l’ouverture des carrières, le premier bloc de 7 mètres cube surmontés d’une balise en fer, et immergé au centre de la base du futur fort. Juste après ce bloc principal sera rapidement entouré des pierres de l’enrochement. Mais le chantier ne va pas très vite, par manque de moyen. Les gabarres qui apportent les pierres, sont beaucoup trop chargées, n’hésiteront pas a sombrés avec les hommes d’équipages, avant même que celle ci ne parviennent sur le chantier.
Mai 1805 : Le chantier reprend après l’hiver, des nouveaux navires arrivent de Lorient, et des centaines d’hommes arrivent à leur tour. Durant toute la saison, les ouvriers poseront 16 000 mètres cubes sur l’enrochement.
1806 : Grande innovation, c’est 300 prisonniers militaires autrichiens qui travaillent dans les carrières de l’ile d’Aix. Et c’est encore 16 000 mètres cubes de pierres mises en place. La fin de l’année sera hélas moins glorieuses, les tempêtes de l’hiver emporteront une partie de l’assise, elle sera reconstruite rapidement avec des blocs artificiels.
1807 : De nouveaux moyens arrivent, et on commence la 2e partie de l’assise. Les joints entre les blocs sont garnis à la chaux hydraulique et les blocs autour de la construction sont reliés par crampons de fer. A la fin de l’année c’est 20 000 mètres cubes de plus qui sont en place. En décembre, les ingénieurs constatent que l’enrochement a descendu de 1,2 mètre dû a son propre poids. Les travaux posent problème et l’hiver qui arrive va en détruire à nouveau une bonne partie...
1808 : Comment continuer les travaux ? Entre critiques de tout part et budget dépassé, la construction du fort est un fiasco ! On répare tant bien que mal, et il n’y a pas de nouveaux budgets, les ouvriers sont mécontents car ils ne sont plus payés...
Le 5 aout, Napoléon visite le chantier, les résultats tomberont l’année suivante...
L'affaire des brûlots de l'île d'Aix
1809 : Le projet du fort est réduit de même que l’armement prévu. L’orientation change aussi, les deux grandes façades pourront tirer aussi bien du coté de l’ile d’Aix et que du coté d’Oléron. Les travaux reprennent sérieusement, avec trois navires et une centaines d’ouvriers.
Mais d’autres évènements plus tragiques surviennent cette année. L’ensemble du littoral est soumis au blocus maritime. La flotte anglaise se rapproche des cotes françaises, et le 1er avril, ils mitraillent les ouvriers du chantier. Les travaux sont suspendus, tout le monde rentre à Rochefort, pour la défense.
Quelques jours plus tard, du 11 au 15 avril a lieu la terrible affaire des Brulots de l’ile d’Aix.
Les Anglais s’approchent des cotes, ils alignent 76 bâtiments, en face les Française n’ont préparé que 11 vaisseaux et 4 frégates....Pourtant les Anglais ne prendront pas de risque, en utilisant la technique des brulots. Ils disposent de 50 brulots, ce sont des navires sans équipages remplit de matières explosives, leur but atteindre les navires français pour les enflammer a leur tour. Et le sens du vent et évidemment en faveur des Anglais.
Le désastre ne se fait pas attendre, après une première brèche dans la défense, les brulots s’engouffrent et enflamment des vaisseaux français qui s’échouent. Après ces 4 jours, qui amènent la victoire des Anglais, ils maintiendront une présence sur les cotés.
Le chantier du Fort Boyard est donc suspendu en juin, et la suspension totale intervient en fin d’année.
1810 : La construction du fort Boyard est abandonné, pourtant depuis 1802 c’est déjà 3,5 millions de francs qui ont été dépensés ! La rade de Rochefort n’étant toujours pas défendu, on décide de la construction du Fort Enet entre Fouras et l’île d’Aix, la 2e "porte ouverte" de la rade. Il ne faudra que deux années pour construire ce fort, certes d’une taille moindre que le projet du Fort Boyard et plus accessible des côtes.
Aujourd’hui ce fort est toujours bien présent et habité.
Un nouveau fort à tout prix ! (2e)
1837 : Voila presque 30 ans que la situation n’a pas bougé. Pourtant le ministre de la Marine souhait la reprise des travaux du Fort Boyard. Selon-lui il y a maintenant des navires plus modernes et le pays est maintenant dans un état de paix internationales. Des inspecteurs reviennent alors sur le lieu du chantier du Fort Boyard. On constate rapidement que l’ensemble de l’enrochement s’est affaissé d’un mètre. Mais le bon point c’est qu’il est maintenant solide et compact, on peut donc construire dessus sans problème.
1841 : Les nouveaux détails de la construction du Fort Boyard sont enfin fixé. Les assises sont réalisées d’une nouvelle façon avec du ciment hydraulique pour faire des murets, puis de la chaux hydraulique, le tout fini par du ciment a prise rapide. Pour éviter l’éboulement, on construit aussi une risberme tout autour de laquelle on place trois rangés de bloc artificiel de quinze mètre cubes chacun.
1842 : Le gouvernement débloque 4 millions de francs sur 4 ans. Les travaux reprennent activement, et sur l’ile d’Oléron on s’affaire à remettre en état les bâtiments et les quais pour les ouvriers.
1843 : Cette année là, des le mois d’avril tout est prêt pour entamer la poursuite du chantier, ou l’organisation sera, cette fois, au point. En effet deux équipes travaillent en parallèle. Une est présente sur l’enrochement lorsque les marées le permettent, tandis que l’autre prépare le ciment sur l’ile d’Oléron, qui est ensuite acheminé via des gabarres. A ce moment là, le béton est coulé sur les parties préparées par la première équipe, et ainsi de suite. Le déroulement des travaux d’assises vont ainsi se dérouler sans encombre durant les deux années suivantes...
L'utopique Fort Joinville
1845 : Alors que le Fort Boyard peine a sortie de l’eau, les ingénieurs de la Marine imaginent déjà la construction d’un deuxième fort, en plein milieu de la rade de Rochefort, visuellement il est identique au projet du Fort Boyard, mais ne possède qu’un niveau !
Le Fort Boyard termine ses assises !
1845 : Le projet du Fort Boyard obtient quelques améliorations : il y a maintenant un havre d’abordage !
1846 : A la reprise du chantier après l’hiver, certains blocs artificiels des assises ont étaient déplacé suite aux tempêtes de l’hiver. Pour éviter que cela n’empire, il est décidé de reprendre l’ensemble le pourtour des assises, en commençant par élargir de 2 mètres supplémentaires la risberme. De ce fait l’ensemble des blocs artificiels mise en place des années précédents doivent être décalé !
1848 : Les travaux ont pu reprendre réellement cette année là, en utilisant des fonds supplémentaires fictifs, puisqu’il n’y avait plus d’argent disponible ! Grace a cela le 14 octobre 1848, les assises du Fort Boyard sont terminés et remises au Génie Militaire. Elles sont nettement visible et atteignent + 2 mètres au dessus des plus hautes mers. Depuis 1842, c’est 2,9 millions de francs qui ont étaient nécessaires seulement pour les assises de la construction !

Reproduction d'une grande cellule du 2e étage
Le fort sort enfin de l'eau !
1849 : Des crédits nécessaires sont a nouveaux débloqués, même si l’on constate que depuis 10 ans, la métallurgie et l’artillerie ont considérablement développé et progresser. Et-il alors nécessaires de continuer la construction du Fort sachant que ces projets vont continuer ?
La réponse est oui ! Le Fort Boyard existera bien. Il sera de forme rectangulaire arrondis à ses extrémités. Prévu dans l’enrochement, il y a déjà des citernes et des soutes en sous-sol. Il faut maintenant réaliser le rez-de-chaussée, les deux étages et la terrasse.
1850 : Tout démarre pour de bon, l’organisation du chantier est a nouveau exemplaire. La partie nord du rez-de chaussée est alors construite en premier.
1852 : Le rez-de-chaussée du fort est entièrement construit.
1854 : Le premier étage est terminé.
1856 : A la fin de cette année, le deuxième étage est terminé, il ne reste plus qu’a construire la tour de vigie au sommet du fort.
1857 : Fin de la construction pour le gros œuvre.
1859 : Après les aménagements divers à l’intérieur du fort, les tout premiers canons sont d’ores et déjà implantés. C’est aussi au mois de décembre de cette même année, que la décision de construire un brise-lame et un havre d’abordage est prise. Il s’agit d’une muraille 20 mètres à l’avant du fort, en forme de chevron avec une ouverture a 120°. Pour le havre, il s’agit de deux jetées de 22 mètres de long et 4 mètres d’épaisseur. Ce chantier va s’étaler sur quelques années seulement, grâce aux moyens plus importants mise en place.
1864 : Le Havre est bien construit, mais par contre le brise-lame pose de sérieux problème, et le contrat de l’entrepreneur est résilié. C’est alors que la Marine décide de remplacer le brise-lame par un éperon s’appuyant sur la base du Fort. De ce fait, les vagues pourront se diviser de chaque coté du fort sans pour autant déferler. En même temps, les deux jetées du havre sont prolongées de 22 à 30 mètres, et l’une d’elle viendra refermer le havre, créant ainsi un véritable petit port.
6 février 1866 : Cette date est importante, car le procès-verbal d’achèvement du Fort Boyard est signer. La bâtisse est protégé des vagues, ont peut y accoster, il peut maintenant prendre son véritable rôle : défendre la passe entre les îles d’Aix et d’Oléron...
Tout neuf et inutile !
1868 : Il ne faudra pas attendre plusieurs années pour se rendre compte que le Fort Boyard n’est peut-être pas très utile. Voila quelques années, que les canons des forts des deux îles ont bien évolué et leurs tirs se croisent sans aucun problème ! De ce fait le Fort Boyard ne recevra jamais, les 74 canons prévus sur le papier, en 1854.
Cependant pour ne pas montrer son inutilité, il sera armé de 30 vieux canons de 16 centimètres du type 1858-60 modifiés en usine. Malgré tout, cela reste des vieilleries qu’il faut charger par la gueule. Du coup, seule la terrasse et le rez-de chaussée du Fort seront équipés. Les deux autres étages ne recevront jamais rien, et seront du coup équipés de manière plus pratique.
Une autre fonction, pour un fort trop bien isolé...
1871 : Inutile pour la défense, le fort doit se trouver une autre utilité. De part sa situation c’est un rôle de prisons qu’il va avoir en premier. Il accueillera 300 détenus condamnés après la Commune par le conseil de guerre, notamment Jourde, Grousset et Henri de Rochefort ; ce dernier, célèbre journaliste, n’y passera que de huit mois enfermé dans sa casemate du 2e étage (l’actuelle cellule 218) avant plusieurs transferts, puis une déportation en Nouvelle-Calédonie. Mais le fort ne concervera pas très longtemps encore des prisonniers entassés dans ses casemates !
40 ans de vie paisible...
22 juin 1872 : Fin de la prison au fort Boyard, les derniers prisonniers sont partis, la Marine occupe le vaisseau dans le cadre de la défense passive du territoire. Seulement 5 à 6 hommes occupent les lieux amené a surveiller les torpilles immergées que l’on peut faire exploser dès qu’un navire ennemi s’approche...
Cette année, le fort est aussi relié par un câble télégraphique sous-marin à Rochefort et Boyardville.
1873 : Le marégraphe du Fort Enet et déplacer au Fort Boyard
1880 : La tour de vigie est dotée d’un phare qui éclaire la rade d’Aix et le pertuis d’Antioche.
1895 : Une ligne de torpilles explose accidentellement, se qui soumet le fort Boyard a un vrai tremblement de terre ! Aucun dégât ne sera constaté sur le vaisseau de pierre.
1907 : Le fort est ravitaillé tout les huit a dix jours depuis Rochefort, malgré les intempéries qui feront ralentit la cadence à plusieurs reprises jusqu’en 1910.
1910 : Il ne reste plus que trois personnes à temps pleins sur le fort : un quartier-maitre torpilleur, un marégraphiste et un gardien de batterie, qui tente d’entretenir des canons déjà bien vieux...
1913 : A la veille de la première guerre mondiale, le fort est déclassé. Les travaux d’entretien sont stoppés et les derniers gardiens des lieux s’en vont. Même le matériel présent dans les cellules n’est pas retiré, ce qui sera toutefois le cas plus tard… mais en attendant des voleurs et pillards de la région se servent...

Carte postale ancienne du Fort Boyard
Inutile et pas trop gênant, tel est le Fort Boyard...
1914-1918 : Durant la première guerre, seul un petit détachement reste sur le fort, sans grande utilité...
1925 : Le fort doit être débarrassé de ses derniers vestiges et notamment des canons. Deux ferrailleurs de la région l’honneur de pouvoir les récupérer. Dans leurs folies, ils n’hésiteront pas faire exploser les plus grosses pièces directement dans les cellules ! Le peu de décoration restant, comme les boiseries, les portes, volets ou fenêtres seront récupérés par les pillards dans une délicatesse tout aussi explosive...
1931 : L’état souhaite enfin se débarrasser de l’inutile Fort Boyard, en le mettant en location pour une mise a prix 300 francs par ans. Il reviendra à une personnalité de la région, pour 900 francs par année, mais avec l’absence d’entretien, il se dégradera a vue d’œil. A la veille de la deuxième guerre mondiale, les jetées du havre et l’éperon sont déjà en piteux état...
1939-1945 : Et pendant la seconde guerre mondiale, rien ne s’arrangera. Les Allemands ne prendront même pas la peine de l’occuper. Il se passera même le contraire, puisqu’ils s’en serviront de cible géante en effectuant des tirs d’exercices ! Heureusement qu’ils n’ont jamais était très bon...
1er février 1950 : Le fort reçoit malgré tout une petite compensation, une inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Toute modification futures des lieux sera ainsi beaucoup plus difficile et seulement après l’accord des Architectes des Bâtiments de France.
20 juillet 1958 : Un énorme tremblement de terre secoue l’île d’Oléron, le fort Boyard se trouve à l’épicentre. Il ne sera révélé aucun dégât supplémentaire. Le fort aura donc tout connu et tout reçu, pourtant il tient encore bien !

Malgré les années sans entretien, la pierre est toujours restée aussi belle et propre.
Quand Fort Boyard devient une propriété privée... ouverte à tous !
4 octobre 1961 : Le ministère des armées n’en veut plus, le fort est mis en vente, mise à prix 7 500 Francs.
28 mai 1962 : A l’hôtel de ville de Rochefort, beaucoup de monde est attendu, peu viendront. Deux acheteurs seront là : l’association "Les amis du Fort Boyard » créée quelques mois plus tôt par le fils de Pierre Loti, son but étant de sauver le fort et de ne pas le laisser entre les mains de n’importe qui. Pour lui, les enchères n’augmenteront pas tant que cela, la vente s’avère facile. Face à la lui, Eric Aerts un dentiste belge d’Avoriaz, son offre de 28 000 francs sera fatale pour les "Amis de Fort Boyard" qui ne pouvait pas dépasser les 25 000 francs. Le Fort tombe dans les mains du dentiste, et devient ainsi une propriété privé !... On apprendra plus tard, qu’il a acheté le fort sur un coup de cœur, sans aucune idée de qu’il pourrait en faire.
Dans les années 60, il y a passera quelques jours, mais n’y remettra plus les pieds dès les années 70, après les nombreuses dégradations qui continuent chaque été avec plusieurs occupants et passionnés de la région.
Extrait INA - Aquitaine magazine - 31/05/1962
Pour 28 000 Nouveaux francs, André AERTZ, hôtelier à Courchevel, s'est porté acquéreur du Fort Boyard à mi-chemin de l'Ile d'Aix et de l'Ile d'Oléron. La construction de ce fort avait été envisagée par VAUBAN et achevée par Napoléon 3.
Un film, une émission, des émissions
1966 : Pour la première fois le fort va accueillir des caméras, pour le film de Robert Enrico, Les aventuriers avec notamment Alain Delon et Lino Ventura. Plusieurs scènes finales du film montrant une impressionnante fusillade seront tournées sur place.

Après le film "Les aventuriers", quelques éditeurs proposent des cartes postales du fort.
1975 : On découvre cette année-là que le fort constitue la colonie la plus méridionale du goéland argenté. Ces soldats de plume, aux nombres de 60 couples sont bien chez eux, et occupent bien le fort...
1979 : Plusieurs offres de rachats du Fort Boyard font parler dans la région, mais à chaque fois Eric Aerts ne donnent pas de suite, pourtant nous savons cette année-là qu’il souhaite se séparer du fort...
Visite du fort Boyard par une famille (vidéo Youtube-1947Paperclip non datée)
1981 : Il est à nouveau sur le devant de la scène, avec le tournage de l’émission La chasse au trésor sur Antenne 2 et présenté par Philippe de Dieuleveult. Il vivra une aventure assez surprenante de part son arrivée en hélicoptère, d’où il plonge directement dans l’eau pour arriver tant bien que mal jusqu’a l’escalier à la mer. Il retrouvera la solution de l’énigme de l’émission en plein coeur du fort... avant d’y passer 3 heures en attendant de pouvoir repartir...
Dans les années 80 les idées les plus tordues fussent pour offrir un digne avenir au fort Boyard, un festival de musique, une feu d’artifice, la création d’un complexe hôtelier, ou l’idée d’un étudiant nantais d’y créer un ensemble avec appartements, salle de spectacle pour 800 personnes dans la cour intérieure, et pour rendre l’accès plus facile la reconstruction du havre d’abordage ! Beaucoups d’utopies, avant qu’un homme trouve LA fonction idéale pour le fort Boyard...
Une idée de génie !
1988 : C’est cette année que Jean-Pierre Mitrecey se rend sur le fort pour l’un des touts premiers repérages. Avec son camarade Jacques Antoine, ils ont en tête l’idée un nouveau jeu depuis l’année précédente. Jacques Antoine, qui produisait aussi La Chasse au trésor s’est souvenu de ce vieux fort au milieu de la mer aperçu 7 ans plus tôt...
En novembre de cette même année, le fort est racheté par Jacques Antoine et son équipe pour 1 million et demi de francs, se qui n’est pas rien pour une société de production !...
En décembre de cette même année, les membres un peu fous de la production se retrouvent en réunion devant les élus du Conseil Général de la Charente-Maritime afin de leur proposer d’acheter ce fort, pour 1 franc symbolique. En échange, le département devra réaliser les travaux de réhabilitation nécessaires.
Ainsi, la production de l’émission ne serait que le locataire des lieux, afin de l’utiliser exclusivement dans le cadre de son émission. Le conseil général, sans trop savoir ce qui les attend, accepte.
Dès 1989, le fort Boyard reprend vie !
Le vaisseau de pierre est nettoyé après 70 ans d'abandon.
1989 : Et les travaux de rénovation ne se font pas attendre, il faut effacer prêt de 70 ans d’abandon, de déchets, d’herbes folles, de pierres. L’accès au fort et grandement repenser, puisqu’une plate-forme de type pétrolière est ancrée à 25 mètres du fort, relié ensuite par une passerelle.
A l’intérieur les cellules retrouvent leur postes, fenêtres et une grande passerelle en bois est créer pour desservir les grandes cellules du premier étage et facilité le déplacement dans l’enceinte du vaisseau de pierre.
1990 : Au mois d’avril tout est terminé ou grandement nettoyer et le gros aménagement est finit, il ne reste plus qu’à placer les épreuves et les décors spécifiques de l’émission, suivit des aménagements technique nécessaires au programme.
30 juin 1990 : L’enregistrement de l’émission 001 des Clés de Fort Boyard débute, le fort entame ce jour-là une nouvelle vie et une nouvelle partie de son histoire s’ouvre.
Ainsi depuis cette date, le fort ne s’est pas rendormit, en 1996, 1999, 2005 ou encore 2011, il a subit de nouvelles restaurations qui l’ont grandement sauvé des eaux.
Et dans le futur ?...
Depuis 1990, le fort a retrouvé une occupation, qui lui a permit d’être mondialement connu. Mais ces années ne restent qu’une minuscule partie à l’échelle de son histoire. Et un jour, le plus tard possible évidemment, la question de son utilité sera remise en question encore une fois.
Isolé en pleine mer, c’est son atout, sa force, sa caractéristique ! Mais aussi son plus grand défaut et un problème de tous les instants.
L’émission aura tout de même fait beaucoup pour le fort. Aujourd’hui, personne ne peut imaginer l’état ce fort sans l’arrivée de l’émission, qui serait inconnu de tous, ou pire, il n’existerait peut-être même plus !...
Bibliographie
- Les cahiers d’Oléron - Le Fort Boyard, vaisseau de pierre, monstre créateur - N°6 / 7e édition - Juin 1996
- Le Fort Boyard, un chateau fort de la mer - Pierre-Henri Marin - 1991
- Fort Boyard de Thierry Sauzeau - 2009
- Les secrets de Fort Boyard de Jean-Pierre Mitrecey - 2009
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Commentaires (13)
1. 15/07/2010
Bravo pour cette nouvelle page !!!!
2. 15/07/2010
Assez simpa :D
3. 16/07/2010
Très belle Biographie du Fort
4. 21/08/2010
Le futur du fort ce sera ce soir 21/08/2010 pour la dernière de l'émission car les audiences ne sont pas ua rendez vous .Pour le fort il y aurais un projet de reconstruire l'étrave pour le protéger et le havre de débarquement pour pouvoir l'ouvrir au public pour découvrir un musée autour de Vauban
5. 10/07/2011
Interessant...
6. 08/08/2011
"1868 : Il ne faudra pas attendre plusieurs années pour se rendre compte que le Fort Boyard n'est peut-être pas très utile. Voila quelques années, que les canons des forts des deux îles ont bien évolué et leurs tirs se croisent sans aucun problème !"
Mois aussi, je l'aime bien, mon milieu défensif!!!
On joue???
7. 08/08/2011
Excuses-moi pour le « mois »…
En même temps, ami du fort, tu comprendras que cette histoire de « croiser les feux », ça me gave…
Histoire de… rétablir l’Histoire…
A+
Steph
8. 04/04/2012
Bravo pour cette nouvelle page
9. 30/07/2012
Oui très grand bravo ! ! !
10. 30/09/2012
serieux le Ford Boyard il est mais tros beaux c'est Incroiyable .
J'aimerais Aller un jour le voir surper prés se sacré Ford Boyard bas Serieusment Felicitation au gent qui l'un fais et Bravo pour cette nouvelle page.
11. 09/12/2012






vraiment incroiyable



12. 13/03/2013
Rien de nouveau qu'on ne sache déjà sur cette page . . .
Si ce n'est les fautes d'orthographes à foison : I M P R E S S I O N N A N T !
Quelques erreurs de date aussi . . .
13. 09/04/2013
ça commence en 1585 et continue en 2013 incroyable
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Date de dernière mise à jour : 04/01/2013





















