L'histoire du Fort Boyard

L’histoire du fort sur un site Internet consacré à Fort Boyard, c’est une étape obligatoire. Un retour en arrière passionnant pour découvrir comment ce vieux fort a pu immerger au milieu de la rade de Rochefort. Pour changer des textes interminables, Fan-FortBoyard.fr a rédigé cette fabuleuse histoire d’une façon différente. Nous allons reprendre les points forts, en partant toujours d’une date ou d’une année. Une façon simple et plus agréable de suivre l’évolution de ce qui deviendra le fort le plus célèbre de France !...

 

Plan de la rade de RochefortPlan de la rade de Rochefort

Du ''Ban Iaer'' à ''Boyard''

1585 : Pourtant bien connu des navigateurs, c’est seulement à partir de 1585 que le hollandais Lucas Janszoon Waghenaer, édite un manuel de navigation où figure pour la première fois la Longe de Boyard. Surnommée alors "ban iaert" (le banc) puis plus tard "banjaert hollandis" (banc des Hollandais), il deviendra "la longe de boyard" au fil du temps et par déformation des cartes françaises. Ce banc est un haut-fond, situé entre les îles d’Aix et d’Oléron.

Une rade aux portes ouvertes

1666 : Année de la création de l’Arsenal de Rochefort. Ce port de guerre est conçu sur les rives de la Charente, bien à l’abri à l’intérieure des terres. L'inconvénient c'est qu'il n’y a pas assez d’eau pour les navires qui quittent le port directement. Ils doivent donc être amener jusqu’à l’océan à vide, où là, ils sont chargés en matériel et en hommes. Un transfert délicat et vulnérable,  c'est pour cela qu'une défense solide s’impose à l'embouchure de la Charente.

Heureusement, comme la plupart des ports de guerre, Rochefort dispose d’une rade délimitée naturellement par les îles d’Oléron, d’Aix et la presqu’île de Fouras. C’est donc déjà une bonne protection, mais pour renforcer les espaces ouverts entre ces îles, plusieurs forts sont construits sur les côtes.
Malgré ces constructions, il reste deux espaces non protégés : l'un entre Fouras et l’île d’Aix, l'autre entre les îles d’Aix et d’Oléron. La portée des canons des forts construits sur ces deux îles ne se croisent pas. Il y a donc un grand passage non protégé.

Pour les ingénieurs militaires, il est indispensable d’édifier un fort, sur la Longe de Boyard, situé au milieu de la passe en Oléron et Aix. Avec des canons, ce futur fort qui sera au centre de la passe, il permettra de fermer cette porte grande ouverte. On fait appel à l'architecte militaire Vauban, afin de réaliser les sondages nécessaires sur la zone de la future construction. Ce dernier déclara au Roi avec une phrase désormais célèbre : Sire, il serait plus facile de saisir la Lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne !
Nous saurons plus tard que le problème était plus financier que technique...

Un nouveau fort à tout prix !

1674 : Voilà déjà 10 ans que le port de Rochefort fonctionne et le problème de la protection de la rade n’est toujours pas résolu. Une nouvelle idée est lancée. Pourquoi ne pas placer en permanence des chaloupes canonnières au milieu de la rade ? Malheureusement, elle ne pourrait pas tenir le coup lors des tempêtes. Clerville, l’ingénieur militaire, décide alors de se recentrer sur le Château d’Oléron (sur l'île d'Oléron) pour en améliorer ses fortifications...

1692 : Le capitaine de vaisseau Descombes fait remonter le projet d’un fort sur la Longe de Boyard, mais malheureusement cela restera une idée sans suite.

1757 : L’île d’Aix est envahit par les Anglais. Un combat de 53 minutes, où les navires français ne pourront rien faire face aux débarquements de 6 000 hommes venus pour piller et mettre a sac toute l’île. Les Anglais n’arriveront toutefois pas à débarquer sur le continent et repartiront quelques jours plus tard.

1763 : Il aura fallu attendre le drame de l’île d’Aix en 1757, pour que le projet d’un fort refasse surface. C’est l’ingénieur militaire Filley, qui présenta un projet complet avec plans et estimations pour un fort sur la Longe de Boyard. Il s’agit d’un fort rectangulaire à 1 étage, il est armé sur trois cotés et dispose d’un petit port. Hélas, le financement de cette construction n’est pas possible pour le royaume.  Et pourtant, la passe entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron est toujours sans défense.

9 mai 1801 : Le projet ressort de façon concrète sous Bonaparte. Une commission est chargée d’étudier à nouveau la protection de la rade. Au terme de cet entretien, il en ressort l’idée d’un fort à deux niveaux en forme d’anneau elliptique estimé à 830 000 Francs.

1802 : Après débat, Ferregeau, inspecteur des travaux maritimes, sort un dossier définitif accepté en 1803.

Projet du Fort Boyard en 1801Projet du Fort Boyard en 1801

Le chantier du nouveau fort démarre !

1803 : Le projet prévoit un important enrochement, qu’il faut créer totalement sur la Longe de Boyard. 1803 est l'année consacré à la préparation du futur chantier. Une véritable petite ville est créée sur l’île d’Oléron avec bâtiments, clôture, chaussées pavés : Boyardville est né. C’est durant cette année que l’on définit les lieux où l’on peut ouvrir des carrières : Aix, Fouras et Port-des-barques sont retenus. Au large, on définit la localisation exacte du fort, grâce à des sondages précis. Initialement prévu à 1 300 mètres de l’île d’Oléron (au point le plus haut du banc de sable), il sera finalement situé 1500 mètres plus à l’est. Il est donc situé à un endroit où les fonds sont plus profonds, mais il est dans une position plus centrale par rapport au deux îles.

1804 : Les travaux débutent véritablement. La Marine fait appel à des travailleurs militaires pour compléter les groupes civils. Quelques mois après l’ouverture des carrières, le premier bloc de 7m³ surmonté d’une balise en fer est immergé au centre de la base du futur fort. Ce bloc principal est rapidement entouré des pierres de l’enrochement. Mais par manque de moyen, le chantier ne va pas très vite. Les gabarres qui apportent les pierres sont beaucoup trop chargées et sombrent avec les hommes d’équipages, avant même que celles-ci ne parviennent sur le chantier.

Mai 1805 : Le chantier reprend après l’hiver. Des nouveaux navires arrivent de Lorient avec des centaines d’hommes. Les ouvriers posent 16 000m³ de pierres pour construire  l’enrochement.

1806 : Il y a désormais 300 prisonniers militaires autrichiens qui travaillent dans les carrières de l’île d’Aix. Ainsi, c’est encore 16 000m³ de pierres qui sont positionnées. Malheureusement, les tempêtes de fin d'année emporteront une partie de l’assise, elle sera reconstruite rapidement avec des blocs artificiels.

1807 : De nouveaux moyens arrivent et la construction de la 2e partie de l’assise débute. Les joints entre les blocs sont garnis à la chaux hydraulique et les blocs autour de la construction sont reliés par des crampons de fer. A la fin de l’année, c’est 20 000m³ supplémentaire qui sont en place. En décembre, les ingénieurs constatent que l’enrochement a descendu de 1,2 mètre dû a son propre poids. L’hiver qui arrive va en détruire à nouveau une bonne partie de la construction.

1808 : Comment continuer les travaux ? Entre critiques de tout part et le budget déjà dépassé, la construction du fort est un fiasco. Les ouvriers sont mécontents car ils ne sont plus payés, faute de budget !
Le 5 août 1808, Napoléon visite le chantier, les résultats tomberont l’année suivante...

L'affaire des Brûlots de l'île d'Aix

1809 : Le projet du fort est réduit, de même que l’armement prévu. L’orientation change aussi. Les deux grandes façades pourront tirer aussi bien du coté de l’île d’Aix, que du coté d’Oléron. Les travaux reprennent sérieusement, avec trois navires et une centaine d’ouvriers.

Mais d’autres évènements plus tragique surviennent cette année. L’ensemble du littoral est soumis au blocus maritime. La flotte anglaise se rapproche des côtes françaises et le 1er avril, ils mitraillent les ouvriers du chantier. Les travaux sont suspendus, tout le monde rentre à Rochefort, pour la défense de l'arsenal.

Quelques jours plus tard, du 11 au 15 avril a lieu la terrible affaire des Brûlots de l’île d’Aix.
Les Anglais s’approchent des côtes françaises, ils alignent 76 bâtiments face aux Français qui n’ont préparé que 11 vaisseaux et 4 frégates. Pourtant, les Anglais ne prendront pas de risque, puisqu'ils vont utilisé la technique des brûlots. Ils disposent de 50 brûlots (des navires sans équipage remplit de matières explosives) et leur but est d'atteindre les navires français pour les enflammer à leur tour. Le sens du vent est évidemment en faveur des Anglais.
Le désastre ne se fait pas attendre, après une première brèche dans la défense, les brûlots s’engouffrent et enflamment des vaisseaux français qui s’échouent. Après ces 4 jours, qui amènent à la victoire des Anglais, ils maintiendront une présence sur les côtes.

Le chantier du Fort Boyard est donc suspendu partiellement en juin et la suspension totale intervient en fin d’année.

1810 : La construction du Fort Boyard est abandonné, pourtant depuis 1802 c’est déjà 3,5 millions de Francs qui ont été dépensé ! La rade de Rochefort n’étant toujours pas étanche, on décide de la construction du Fort Enet entre Fouras et l’île d’Aix, la 2e "porte ouverte" de la rade. Il ne faut que deux années pour construire ce fort au lieu de l'océan. Certes il est de plus petite dimension que le projet du Fort Boyard et il est plus accessible depuis les côtes.

Aujourd’hui ce fort est toujours bien présent et habité.

Un nouveau fort à tout prix ! (2e)

1837 : Voilà presque 30 ans que la situation n’a pas bougé. Pourtant le ministre de la Marine souhait la reprise des travaux du Fort Boyard. Selon-lui, le travail sera maintenant facilité grâce à des navires plus modernes et surtout, le pays est désormais en état de paix. Des inspecteurs reviennent alors sur le lieu du chantier du Fort Boyard. On constate rapidement que l’ensemble de l’enrochement s’est affaissé d’un mètre. Mais l'avantage, c’est qu’il est maintenant solide et compact, on peut donc construire dessus sans problème.

1841 : Les nouveaux détails de la construction du Fort Boyard sont enfin fixé.  Les assises sont réalisées d’une nouvelle façon avec du ciment hydraulique pour faire des murets, puis de la chaux hydraulique, le tout maintenu par du ciment a prise rapide. Pour éviter l’éboulement, on construit aussi une risberme tout autour de laquelle il y a trois rangés de bloc artificiel de quinze m³ chacun.

1842 : Le gouvernement débloque 4 millions de Francs sur 4 ans. Les travaux reprennent activement et sur l’île d’Oléron, on s’affaire à remettre en état les bâtiments et les quais pour les ouvriers.

1843 : Dès le mois d’avril, tout est prêt pour entamer la poursuite du chantier et l’organisation est au point. En effet, deux équipes travaillent en parallèle. Une première est présente sur l’enrochement lorsque les marées le permettent, la deuxième prépare le ciment sur l’île d’Oléron, qui est ensuite acheminé via des gabarres. A ce moment-là, le béton est coulé sur les parties préparées par la première équipe et ainsi de suite. Le déroulement des travaux d’assises vont ainsi se dérouler sans encombre durant les deux années suivantes.

L'utopique Fort Joinville

1845 : Alors que le Fort Boyard peine a sortir de l’eau, les ingénieurs de la Marine imaginent déjà la construction d’un autre fort, en plein milieu de la rade de Rochefort. Visuellement il est identique au projet du Fort Boyard, mais ne possède qu’un niveau.
Un projet fou qui ne verra jamais le jour.

Le Fort Boyard termine ses assises !

1845 : Le projet du Fort Boyard obtient quelques améliorations, avec l'ajout d'un havre d’abordage.

1846 : A la reprise du chantier après l’hiver, certains blocs artificiels des assises ont bougé à cause des tempêtes. Il est décidé de reprendre l’ensemble du pourtour des assises, en commençant par élargir de 2 mètres supplémentaires la risberme. De ce fait, l’ensemble des blocs artificiels mise en place des années précédents doivent être décalé.

1848 : Les travaux ont pu reprendre réellement cette année là, en utilisant des fonds supplémentaires fictifs, puisqu’il n’y avait plus d’argent disponible. Le 14 octobre 1848, les assises du Fort Boyard sont terminées et remises au Génie Militaire. Elles sont nettement visibles et atteignent 2 mètres au dessus des plus hautes mers. Depuis 1842, c’est 2,9 millions de Francs qui ont été nécessaire seulement pour les assises de la construction.

Le fort sort enfin de l'eau !

1849 : Des crédits nécessaires sont débloqués, même si on constate que depuis 10 ans, la métallurgie et l’artillerie ont considérablement progressé. Est-il alors nécessaire de continuer la construction du Fort Boyard sachant que les innovations du matériel vont continuer ?
La réponse est oui ! Le Fort Boyard existera bien. Il sera de forme rectangulaire arrondis à ses extrémités. Prévu dans l’enrochement, il y a déjà des citernes et des soutes en sous-sol.  Il faut maintenant réaliser le rez-de-chaussée, les deux étages supérieurs et la terrasse.

Coupe du Fort Boyard (1854) montant son aspect pour 1855-1856Coupe du Fort Boyard (1854) montant son aspect pour 1855-1856. Le sous-sol, le rez-de-chaussée et le premier sont terminés. Le 2e étage, la terrasse et la vigie (murs en jaunes) reste à construire.

1850 : Tout s'enchaîne, l’organisation du chantier est à nouveau exemplaire. La partie nord du rez-de chaussée est construite en premier.

1852 : Le rez-de-chaussée du fort est entièrement construit.

1854 : Le premier étage est terminé.

1856 : A la fin de cette année, le deuxième étage est terminé, il ne reste plus qu’a construire la tour de vigie au sommet du fort.

1857 : Fin de la construction du gros-œuvre.

1859 : Après les aménagements à l’intérieur du fort, les premiers canons sont d’ores et déjà implantés. C’est aussi au mois de décembre de cette même année, que la décision de construire un brise-lame et un havre d’abordage est prise. Il s’agit d’une muraille 20 mètres à l’avant du fort, en forme de chevron avec une ouverture a 120°. Pour le havre, il s’agit de deux jetées de 22 mètres de long et 4 mètres d’épaisseur. Ce chantier va s’étaler sur quelques années seulement, grâce aux moyens plus importants mise en place.

Plan de la base du Fort Boyard (1854)Plan de la base du Fort Boyard (1854) montrant les blocs de l'enrochement artificiel, les jetées du havre d'abordage et le projet du brise-lames (qui sera finalement un épéron)

1864 : Le havre d'abordage est bien construit. Le brise-lame pose des problèmes et le contrat de l’entrepreneur est résilié. C’est alors que la Marine décide de remplacer le brise-lame par un éperon s’appuyant sur la base du Fort. De ce fait, les vagues pourront se diviser de chaque coté du fort sans pour autant déferler. En même temps, les deux jetées du havre sont prolongées de 22 à 30 mètres et l’une d’elle referme partiellement le havre, créant ainsi un véritable petit port.

Vue du Fort Boyard depuis l'une des jetées du havre d'abordageVue du Fort Boyard depuis l'une des jetées du havre d'abordage

6 février 1866 : Cette date est importante, car c'est ce jour-là que le procès-verbal d’achèvement du Fort Boyard est signé. La bâtisse est protégé des vagues, on peut y accoster, il peut maintenant prendre son véritable rôle : défendre la passe entre les îles d’Aix et d’Oléron !

Tout neuf et inutile !

1868 : Il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte que le Fort Boyard est inutile. Voilà quelques années que les canons des forts des deux îles ont bien évolué et leurs tirs se croisent sans aucun problème. Du coup, l'inutilité du Fort Boyard se confirme et il ne reçoit jamais les 74 canons prévus en 1854.

Cependant pour ne pas montrer l'échec du Fort Boyard, il est armé de 30 vieux canons de 16 centimètres du type 1858-60 modifiés en usine. Malgré tout, cela reste des vieilleries qu’il faut charger par la gueule. Seule la terrasse et le rez-de chaussée du Fort sont équipés. Les deux autres étages ne reçoivent aucun canons et sont équipés de façon plus pratique.

Les vieux canons installés sur la terrasseLes vieux canons installés sur la terrasse

Une autre fonction pour un fort trop bien isolé...

1871 : Inutile pour la défense, le fort doit se trouver une autre fonction. De part sa situation, c’est un rôle de prison qu’il va obtenir rapidement. Il accueille 300 détenus condamnés par le conseil de guerre, notamment Jourde, Grousset et Henri de Rochefort. Ce dernier, célèbre journaliste, n’y passe que huit mois enfermé dans sa casemate du 2e étage (l’actuelle cellule 218) avant plusieurs transferts, puis une déportation en Nouvelle-Calédonie.

Mais le Fort Boyard ne conservera pas longtemps des prisonniers entassés dans ses casemates.

40 ans de vie paisible...

22 juin 1872 : Fin de la période prison pour le Fort Boyard. Les derniers prisonniers sont partis, la Marine occupe le vaisseau dans le cadre de la défense passive du territoire. Seulement 5 à 6 hommes occupent le monument pour surveiller les torpilles immergées que l’on peut faire exploser dès qu’un navire ennemi s’approche.
Cette année-là, le fort est aussi relié par un câble télégraphique sous-marin à Rochefort et Boyardville.

1873 : Le marégraphe du Fort Enet est déplacé au Fort Boyard (dans l'actuelle cellule 118).

1880 : La tour de vigie est dotée d’un phare qui éclaire la rade et le pertuis d’Antioche.

1895 : Une ligne de torpilles explose accidentellement, ce qui soumet le Fort Boyard a un vrai tremblement de terre ! Heureusement, aucun dégât n'est constaté sur le monument.

1907 : Le fort est ravitaillé tous les 8 à 10 jours depuis Rochefort, malgré les intempéries qui font ralentir la cadence à plusieurs reprises jusqu’en 1910.

1910 : Il ne reste plus que 3 personnes à temps plein sur le fort : un quartier-maitre torpilleur, un marégraphiste et un gardien de batterie, qui tente d’entretenir des canons déjà bien vieux.

1913 : A la veille de la première guerre mondiale, le fort est déclassé. Les travaux d’entretien sont stoppés et les derniers gardiens s’en vont. Le matériel présent dans les cellules reste sur place.

Inutile et pas trop gênant, tel est le Fort Boyard...

1914-1918 : Durant la première guerre, seul un petit détachement reste sur le fort, sans grande utilité.

1925 : Le fort doit être débarrassé de ses derniers vestiges et notamment les canons. Deux ferrailleurs de la région n’hésiteront pas faire exploser les plus grosses pièces directement dans les cellules ! Les aménagements intérieurs, comme les boiseries, les portes, volets ou fenêtres sont arrachés par les pillards.

La cour intérieure au début du XXe siècleLa cour intérieure au début du XXe siècle, peu de temps après le début de l'abandon.

1931 : L’état souhaite enfin se débarrasser de l’inutile Fort Boyard, en le mettant en location pour une mise a prix de 300 Francs par an. Il revient à une personnalité de la région pour 900 Francs par année. Au fil des années suivantes, il se dégradera rapidement en l’absence d’entretien. A la veille de la deuxième guerre mondiale, les jetées du havre d'abordage et l’éperon de protection sont déjà en mauvais état.

1939-1945 : Pendant la deuxième guerre mondiale, rien ne s’arrange. Les Allemands ne prennent même pas la peine d'occuper le Fort Boyard. Ils font même le contraire, puisqu’ils s’en servent de cible géante en effectuant des tirs d’exercices !

1er février 1950 : Le fort reçoit malgré tout une petite compensation avec une inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. Toute modification future dans le monument sera beaucoup plus difficile et pourra se faire uniquement qu'après l’accord des Architectes des Bâtiments de France.

20 juillet 1958 : Un énorme tremblement de terre secoue l’île d’Oléron. Le Fort Boyard se trouve au niveau de l'épicentre. Aucun dégât important n'est déclaré.

Quand Fort Boyard devient une propriété privée... ouverte à tous !

4 octobre 1961 : Le ministère des armées ne souhaite pas garder le monument. Le Fort Boyard est mis en vente avec mise à prix de 7 500 Francs (voir affiche ci-contre).

28 mai 1962 : C'est le jour de vente du Fort Boyard. A l’hôtel de ville de Rochefort, seulement 2 acheteurs sont présents : l’association "Les amis du Fort Boyard" créée quelques mois plus tôt par le fils de Pierre Loti. Son but étant de sauver le fort et de ne pas le laisser entre les mains de n’importe qui. Pour cette association, les enchères n’augmenteront pas tant que cela, la vente s’avère facile.
Face à eux, Eric Aerts un dentiste belge d’Avoriaz, son offre de 28 000 Francs remportera largement face à l'association "Les Amis du Fort Boyard". Le Fort tombe dans les mains du dentiste et devient ainsi une propriété privé. On apprendra plus tard, qu’il a acheté le fort sur un coup de cœur, sans avoir aucune idée de ce qu’il pourrait en faire.

Dans les années 60, il y a passera quelques jours, mais n’y remettra plus les pieds à partir des années 70. L’aggravation des dégradations continue chaque été avec plusieurs occupants et passionnés de la région. Malgré son statut de propriété privé, le fort est ouvert à tous et reste accesible assez facilement par bateau lorsque la mer est calme.


Extrait INA - Aquitaine magazine - 31 mai 1962

Un film, une émission, des émissions

1966 : Pour la première fois, le fort accueille des caméras pour le film Les aventuriers de Robert ENRICO, avec notamment Alain DELON et Lino VENTURA. Plusieurs scènes finales du film sont tournées sur place, dont une impressionnante fusillade.

Photo du tournage du film Les Aventuriers avec Alain DELONPhoto du tournage du film Les Aventuriers avec Alain DELON

1975 : On découvre cette année-là que le fort constitue la colonie la plus méridionale du goéland argenté. Ces soldats de plume, aux nombres de 60 couples sont bien chez eux et occupent le fort.

1979 : Plusieurs offres de rachats du Fort Boyard se font entendre dans la région, mais à chaque fois, Eric Aerts ne donne pas de suite. Pourtant nous savons cette année-là qu’il souhaite se séparer du fort.

1981 : Le Fort Boyard est à nouveau sur le devant de la scène, avec le tournage de l’émission La Chasse au trésor sur Antenne 2 avec Philippe de Dieuleveult. Il va vivre une aventure assez surprenante avec une arrivée en hélicoptère, d’où il plonge directement dans l’eau pour arriver tant bien que mal jusqu’à l’escalier à la mer. Il retrouve la solution de l’énigme de l’émission en plein coeur du fort... avant d’y passer 3 heures en attendant de pouvoir repartir !

Dans les années 80, les idées les plus tordues fussent pour offrir un digne avenir au Fort Boyard : un festival de musique, un feu d’artifice, la création d’un complexe hôtelier, où l’idée d’un étudiant nantais d’y créer des appartements, une salle de spectacle pour 800 personnes dans la cour intérieure et pour rendre l’accès plus facile, il imagine la reconstruction du havre d’abordage !


Visite du Fort Boyard en juillet 1986 (vidéo Jean Rabi)

Une idée de génie !

1987 : C’est cette année-là que Jean-Pierre MITRECEY se rend sur le Fort Boyard pour l’un des premiers repérages. Avec son camarade Jacques ANTOINE, ils ont en tête l’idée un nouveau jeu télévisé depuis 1986. Jacques ANTOINE, qui a produit aussi La Chasse au trésor en 1981 s’est souvenu d'un vieux fort au milieu de la mer aperçu 7 ans plus tôt. Au cours d'une visite plus complète des lieux, il décide de faire son nouveau jeu dans le Fort Boyard.

1988 : En novembre, le fort est racheté par Jacques ANTOINE et son équipe pour 1,5 millions de Francs, une grosse somme pour une société de production !

En décembre de cette même année, Jacques ANTOINE et Jean-Pierre MITRECEY se retrouvent devant les élus du Conseil Général de la Charente-Maritime (actuel Conseil Départemental) afin de leur proposer de racheter le Fort Boyard pour 1 Franc symbolique. Le but de l'opération est simple. Le département devient le propriétaire du monument et doit réaliser les travaux de réhabilitation et d'entretien au fil des années. La société de production de Jacques ANTOINE n'est que locataire, afin d'utiliser exclusivement le Fort Boyard pour sa future émission. Le Conseil Général accepte de se lancer dans l'aventure.

Juin à novembre 1989 : Les travaux de réhabilitation ne se font pas attendre. Il faut effacer prêt de 70 ans d’abandon, de déchets, d’herbes folles, de pierres. L’accès au fort et grandement repenser, puisqu’une plate-forme de type pétrolière est ancrée à 25 mètres du fort, relié ensuite par une passerelle.
A l’intérieur les cellules retrouvent les portes et fenêtres. Une grande passerelle en bois est créé pour desservir les grandes cellules du premier étage et faciliter le déplacement dans l’enceinte du vaisseau de pierre.

Mais au début du mois de novembre, l'hiver arrive est les conditions d'accostage sont devenues trop difficile, même avec la nouvelle plate-forme. Un arrêt des travaux de rénovation est donc prit, pour une reprise au printemps 1990.

Avril à juin 1990 : Au mois d’avril le Fort rouvre ses portes. Le nettoyage et les gros aménagements sont en phase finale, il ne reste plus qu’à placer les épreuves dans les cellules et les décors de l’émission, notamment la Salle du Trésor et la vigie. Il est temps aussi d'équiper le Fort avec les aménagements techniques nécessaire à la réalisation et aux tournages du jeu.

Photo aérienne du Fort Boyard au printemps 1990Photo aérienne du Fort Boyard au printemps 1990

30 juin 1990 : L’enregistrement de l’émission 001 des Clés de Fort Boyard débute. Le Fort Boyard entame ce jour-là une nouvelle vie et un nouveau chapitre s’ouvre.

Bibliographie

- Les cahiers d’Oléron - Le Fort Boyard, vaisseau de pierre, monstre créateur - N°6 / 7e édition - Juin 1996
- Le Fort Boyard, un chateau fort de la mer - Pierre-Henri Marin - 1991
- Fort Boyard de Thierry Sauzeau - 2009
- Les secrets de Fort Boyard de Jean-Pierre Mitrecey - 2009

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Commentaires (25)

  • 1. | 15/07/2010

Bravo pour cette nouvelle page !!!!

  • 2. | 15/07/2010

Assez simpa :D

  • 3. | 16/07/2010

Très belle Biographie du Fort

nochot
  • 4. nochot | 21/08/2010

Le futur du fort ce sera ce soir 21/08/2010 pour la dernière de l'émission car les audiences ne sont pas ua rendez vous .Pour le fort il y aurais un projet de reconstruire l'étrave pour le protéger et le havre de débarquement pour pouvoir l'ouvrir au public pour découvrir un musée autour de Vauban

SAM
  • 5. SAM | 10/07/2011

Interessant...

Steph

"1868 : Il ne faudra pas attendre plusieurs années pour se rendre compte que le Fort Boyard n'est peut-être pas très utile. Voila quelques années, que les canons des forts des deux îles ont bien évolué et leurs tirs se croisent sans aucun problème !"
Mois aussi, je l'aime bien, mon milieu défensif!!!
On joue???

Steph

Excuses-moi pour le « mois »…
En même temps, ami du fort, tu comprendras que cette histoire de « croiser les feux », ça me gave…
Histoire de… rétablir l’Histoire…
A+
Steph

FELAHI19911
  • 8. FELAHI19911 (site web) | 04/04/2012

Bravo pour cette nouvelle page

PRONY73
  • 9. PRONY73 | 30/07/2012

Oui très grand bravo ! ! !

kaita

serieux le Ford Boyard il est mais tros beaux c'est Incroiyable .
J'aimerais Aller un jour le voir surper prés se sacré Ford Boyard bas Serieusment Felicitation au gent qui l'un fais et Bravo pour cette nouvelle page.

saminou12
  • 11. saminou12 | 09/12/2012

vraiment incroiyable

lucas37
  • 12. lucas37 | 09/04/2013

ça commence en 1585 et continue en 2013 incroyable

aubry
  • 13. aubry | 29/06/2013

bravo et merçi d'avoir ouvert le site sur internet comme ça on connait l'histoire de fort boyard .

scoote72
  • 14. scoote72 | 30/06/2013

bonjour a tous le jeu fort boyard est bien

Tristan KP
  • 15. Tristan KP | 18/09/2013

Merci de nous raconter cette histoire. c'est claire et agréable. J'en sais plus maintenant... Merci !

Gaetan Demers
  • 16. Gaetan Demers | 28/01/2014

Une super de page web sur un fort qui a vraiment une belle histoire.
Bravo a ceux qui l'ont crée.

Céline.rappe
  • 17. Céline.rappe | 12/03/2014

quand on t-il construit les protection du fort ?

DUPRE Claude
  • 18. DUPRE Claude | 16/03/2014

Très belle rétrospective du Fort Boyard.

Lucie Dextraze
  • 19. Lucie Dextraze | 27/03/2014

Bonjour, Que d'épreuves et d'histoire entourent ce beau et difficile projet. Très intéressant. À mon avis, il faut trouver un nouveau souffle à ce fort qui pourrait inclure histoire, pièce de théâtre, gastronomie et hébergement, enfin tout ce que la France a de divin à offrir. Je serai enchantée d'aller vous visiter un jour. C'est une pièce unique à votre histoire.

lamy
  • 20. lamy | 27/07/2014

bonjour je regarde fort boyaard tout les samedi

lamy
  • 21. lamy | 27/07/2014

je aime regarde fort boyart

andre
  • 22. andre | 14/08/2015

Bravo , c est génial de pouvoir conserver un aussi beau monument, mes enfants adorent l émission mais on été très déçu de ne pas pouvoir visiter l intérieur du fort quand on en a fait le tour en bateau.dommage

Scotty
  • 23. Scotty | 03/03/2016

Bravo

Mike Costa
  • 24. Mike Costa | 16/10/2016

C'est une belle histoire qui vient d'être racontée :-)

Mike Costa
  • 25. Mike Costa | 16/10/2016

C'est une belle histoire qui vient d'être racontée :-)

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Date de dernière mise à jour : 08/04/2016